La pyramide de Maslow stipule que les humains ont des besoins à satisfaire un à un. C’est comme les stages d’un jeu : on ne peut passer au stage supérieur qu’une fois le besoin précédant est atteint. ne le prenez pas mal et ne soyez pas offensés mais je crois que ceux qui fréquentent l’Extrablatt, le fréquentent pour satisfaire ce que Maslow appelle le besoin d’appartenance sociale. Sinon, comment expliquer les foules qui viennent chaque soir, clés d’une voiture allemande à la main, Iphone dans l’autre main et accessoirement une belle fille pour susciter la jalousie ou l’intérêt (c’est selon !) des convives déjà attablés et attendant d’être servis mais surtout d’être vus?
Et quand je dis « attendent », je ne parle pas de 10 minutes mais d’une vingtaine de minute. Et c’est bien comme cela, les gens n’auront pas à consommer beaucoup et ils resteront longtemps dans ce café à l’hivernage pour être vu. Plus on est vu, mieux c’est.
J’y étais une seule fois. Je n’ai pas compris ce spectacle humain tragique. La condition humaine semble être à la dérive. Je ne vais pas mentir. Le petit jardin est bien aménagé. Et c’est probablement moi qui ne comprends pas le concept, à mon sens, en tout cas, de la musique (bruyante, même pas du blues) imposée à un groupement bizarre d’humains tous, à la recherche d’une seule et unique satisfaction : le besoin d’appartenance sociale se doit au moins d’être « écoutable ».
Je ne sais pas si le besoin est satisfait une fois on paie le chocolat chaud à 25 dh mais bon, on va essayer. On se doit d’essayer. Les humains sont si seuls, si malheureux qu’ils viennent non pas parler (on ne peut s’écouter à l’Extrablatt) mais pour dire : j’étais à l’Extrablatt. Moi aussi, j’y étais. Et je n’ai rien senti. A part le goût piquant de la misérable condition humaine.
Le décor était simple, nourrissant le mythe marrakechi du rouge. Bref, je n’aime pas. Pas du tout.
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